Boris Akounine, le maître du polar à la russe

L'Occident découvre peu à peu le style innovant de cet auteur russe

29 sept. 2009 Laëtitia André

Peu connu en France, Boris Akounine est l'auteur d'une vingtaine de romans policiers. Ces œuvres se situent majoritairement dans la Russie tsariste de la fin du XIXe.

Depuis 2000, Boris Akounine, de son vrai nom Grigori Chalvovitch Tchkhartichvili, se fait connaître à l’international. Avec un style personnel et peu conformiste, ce romancier russe déjà célèbre dans son pays a publié une vingtaine d’ouvrages dont la plupart tourne autour du personnage d’Eraste Pétrovitch.

Le plus célèbre de ses romans, "La Maîtresse de la mort", s’articule autour du suicide de poètes réunis en cercle d’adulateur de la faucheuse. C’est dans ce contexte qu’intervient Eraste Pétrovitch, mystérieux dandy enquêtant sur ce phénomène.

Trois cycles distincts

Publiés sous formes de cycles, ces livres se situent pour la plupart dans la Moscou à la fin de l’ère tsariste, créant une ambiance atypique et mystérieuse. On distingue ainsi trois grandes séries dans l’œuvre d’Akounine : celle d’Eraste Pétrovitch Fandorine, celle de Nicholas Fandorine - petit-fils du premier - et celle de Sœur Pélagie.

Les enquêtes de ses personnages sont menées de bout en bout comme un puzzle, fragmenté, dont les pièces se mettent en place au fur et à mesure de la lecture. Les intrigues haletantes laissent le lecteur soufflé tant par le style que par la forme.

Son succès est aussi dû aux clins d’œil dont ses romans sont jalonnés. Akounine aime à citer ou à reprendre les grands auteurs russes dans ses œuvres tels que Pouchkine.

L'influence de la littérature étrangère

Né en mai 1956 d’une mère russe juive et d’un père géorgien, Boris Akounine a toujours vécu à Moscou et y a principalement situé l’action dans ses romans. Au début de sa carrière, il a été essayiste et traducteur d’ouvrages japonais et anglais.

Très influencé par la culture japonaise, il a par ailleurs donné des cours de civilisation à l’université d’état de Moscou. Son pseudonyme serait lui-même inspiré du japonais akunin signifiant « mauvais homme ». Avec son initiale, B.Akounine, il renvoie également au théoricien de l’anarchie Bakounine.

En 1986, il intègre la revue littéraire "Inostrannaïa Literatoura" (Littérature étrangère)dont il fut rédacteur en chef de 1993 à 2000.Depuis le succès ne s’est jamais démenti. En France, l’auteur est édité par les Presses de la Cité et par les éditions 10/18 au format poche.

Son premier livre publié fut "Azazel" en 1998 et pourrait être adapté au cinéma par Paul Verhoeven. Trois de ces livres ont déjà connu une transposition par le septième art russe.

Bibliographie :

Ø Série « Eraste Pétrovitch Fandorine »

- Azazel, Presses de la Cité, 2001

- Le Gambit turc, Presses de la Cité, 2001

- Léviathan, Presses de la Cité, 2001

- La Mort d'Achille, Presses de la Cité, 2002

- Le Valet de Pique et Le Décorateur publié groupé avec le suivant sous le titre "Missions spéciales", Presses de la Cité, 2003

- Le Conseiller d'État, Presses de la Cité, 2003

- Le Couronnement, ou le Dernier des Romanov, Presses de la Cité, 2005

- La Maîtresse de la Mort, Presses de la Cité, 2006

- L'Amant de la Mort, Presses de la Cité, 2006

- La prisonnière de la tour qui met en scène dans une nouvelle Arsène Lupin et Sherlock Holmes.

- Le Chariot de diamant (titre français sous réserves, encore inédit)

- Le chapelet de jade Nouvelles

- L’attrapeur de libellules

Ø Série « Nicholas Fandorine »

- Altyn Tolobas, Presses de la Cité, 2004

- Bon sang ne saurait mentir

- F. M.

Ø Série « Sœur Pélagie »

- Pélagie et le Bouledogue blanc, Presses de la Cité, 2004

- Pélagie et le Moine noir, Presses de la Cité, 2006

- Pélagie et le Coq rouge, Presses de la Cité, 2007

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Boris Akounine, couverture, DR Boris Akounine, couverture
   
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